| Les Résultats | Chili 1962
Participants : 16 | Nombre de matches : 32 | Période : 30 mai - 17 juin (22 jours) | Nombre de villes organisatrices : 4 | Stades : 4 | Total des buts :89 | Moyenne des buts par match : 2,78 | Total des spectateurs : 776.000 | Moyenne des spectateurs par match : 24.250 | Champion : Brésil | Meilleur buteur : Jerkovic (Yougoslavie) 5buts | Meilleure attaque : Brésil 14 buts | Cette édition se solde encore par un triomphe du Brésil. Cette fois-ci cependant, Pelé ne dispute que le match d'ouverture contre le Mexique avant de se blesser. En finale, à Santiago, le Seleção s'impose 3-1 aux dépens de la Tchécoslovaquie grâce à des buts d'Amarildo, Zito et Vava. Le tournoi restera également dans les mémoires pour l'un des matches les plus indignes de l'histoire de la Coupe du Monde de la FIFA. En effet, la rencontre opposant l'Italie au Chili à Santiago a dégénéré en une véritable bataille rangée, au terme de laquelle deux joueurs italiens seront expulsés et un troisième aura le nez cassé suite un solide crochet du gauche asséné par un Chilien. Le Brésil confirme Au pied des Andes, le Brésil remporte son deuxième titre mondial consécutif, se payant même le luxe de se passer de Pelé. Mais cette septième Coupe du Monde de la FIFA va entrer dans les annales comme celle qui a vu l'émergence du football "physique". Après deux éditions consécutives disputées en Europe (en Suisse en 1954 et en Suède en 1958), la Coupe du Monde de la FIFA revient en Amérique latine douze ans après l'édition brésilienne. Mais le choix de la FIFA de confier l'organisation au Chili a fait tiquer plus d'un observateur, convaincu des graves lacunes qu'affiche le pays andin dans de nombreux secteurs (stades, routes d'accès, capacité) et de son incapacité à accueillir un événement de cette dimension. Cinquante-six équipes - un nouveau record - disputent les éliminatoires qui se soldent par l'élimination de la France et de la Suède, deux des grosses cylindrées de l'édition 1958. Un grand nombre de matches du premier tour de cette Coupe du Monde de la FIFA 1962 (comme URSS-Yougoslavie, Chili-Italie ou RFA-Suisse) seront malheureusement placés sous le signe d'un engagement physique excessif. C'est ainsi que la face honteuse du football fait pour la première fois son apparition dans une Coupe du Monde de la FIFA. Elle se manifeste avec d'autant plus de vigueur que les champions du monde brésiliens ne sont pas vraiment en mesure de déployer leur style de jeu léché et qu'ils éprouvent des difficultés à entrer dans le rythme. Et la blessure subie par Pelé face à la Yougoslavie n'arrange pas leurs affaires. Grande vedette de la Coupe du Monde de la FIFA 1958, celui-ci doit jeter définitivement l'éponge après une blessure musculaire survenue contre la Tchécoslovaquie. Mais les Brésiliens, emmenés par Garrincha et Zagallo, même s'ils sont moins percutants qu'en Suède, se qualifient pour les quarts de finale, ce qui n'est pas le cas de l'Uruguay, de l'Argentine ou de l'Italie. La surprise tchèque Le sommet émotionnel de la compétition est atteint en quarts de finale, lorsque le Chili, nation organisatrice, se défait de l'URSS (2-1) et que toute la population descend dans la rue pour donner libre cours à sa joie. Une joie cependant de courte durée pour les Chiliens, qui ne feront pas le poids face au Brésil en demi-finale. Les "Auriverde" se qualifient ainsi pour leur deuxième finale consécutive. Ils y sont opposés à la Tchécoslovaquie, vainqueur surprise de la Yougoslavie en demi-finale. Au premier tour, les Tchèques ont obtenu un nul vierge face aux Brésiliens, puis battu de façon miraculeuse, en quarts de finale, des Hongrois qui ont touché du bois pas moins de quatre fois. En finale, ce sont les Tchèques qui ouvrent la marque contre toute attente, mais les Sud-américains égalisent deux minutes après. Ces derniers vont encore faire trembler les filets à deux reprises pour conserver leur titre : un véritable couronnement pour une équipe qui aligne neuf joueurs déjà présents à la campagne victorieuse de 1958. Au tableau des victoires, le Brésil rejoint l'Italie et l'Uruguay, seules nations à avoir brandi la coupe Jules Rimet à deux reprises. Et ce n'est qu'un début... Le saviez-vous ? Arica, le 3 juin. Après une heure de jeu, l'Union Soviétique domine 4-1 une équipe de Colombie en panne d'inspiration et semble avoir pris une sérieuse option sur la victoire. Puis, en neuf minutes de cauchemar pour le gardien soviétique Lev Yashin, surnommé "l'araignée noire", la Colombie remet les pendules à l'heure. Malgré ce faux pas, sorte d'exception qui confirme la règle, Lev Yashin est sacré meilleur gardien de but de toute l'histoire de la Coupe du Monde. En hommage à son talent, la FIFA a donné son nom au trophée distinguant le meilleur gardien d'une Coupe du Monde, créé en 1994.
Un certain nombre de grands joueurs ont inscrit leur nom sur la liste des buteurs éclairs : en 1982, Bryan Robson foudroie Ettori, gardien de l'équipe de France, en vingt-sept secondes ; quatre ans auparavant, trente-sept secondes suffisent à Bernard Lacombe pour tromper l'Italien Dino Zoff. Le record de vitesse d'exécution absolue est détenu par le joueur tchèque Vaclav Masek, qui réussit en 1962 à tromper le légendaire gardien mexicain Carbajal en quinze malheureuses secondes. (Ce but précoce n'empêche pas le Mexique de s'imposer finalement 3-1). Saint-Marin, quant à lui, ou plutôt son joueur Davide Gualtieri, âgé de 22 ans en 1993, détient le surprenant honneur d'avoir, en novembre 1993, ouvert la marque contre la Grande-Bretagne neuf secondes seulement après le coup d'envoi du dernier match des éliminatoires, hélas en pure perte. |